Légendes des origines

Selon une tradition chinoise, le jeu de wéiqí (nom chinois du GO) aurait été créé par deux dragons appelés Hei-Zi (le noir) et Bai-Zi (le blanc) pour se départager afin de savoir pour savoir lequel des deux était le plus puissant. Les dieux envoyèrent alors un troisième dragon observer la partie et lui ordonnèrent de ne revenir faire son rapport qu'une fois celle-ci terminée. Leurs règles étaient les mêmes que les nôtres aujourd'hui, si ce n'est que la règle du ko n'existait pas puisque, étant immortels, ils étaient infiniment patients. Les dragons jouent donc depuis des milliers d'années et chaque millénaire, les dieux envoient un nouvel observateur. Actuellement, cinq dragons observent le jeu et un sixième devrait être envoyé dans quelques années.

Sur le plan historique, bien que le wéiqí soit très ancien, les datations qui lui attribuent plus de 4 000 ans d'âge ne reposent que sur des récits légendaires que rien ne vient étayer mais que beaucoup ont pris pour argent comptant. Seule certitude, le jeu fut inventé bien avant notre ère en Chine. Son attribution à l'un ou l'autre des empereurs légendaires Yao ou Shun, chacun l'ayant utilisé pour l'éducation de leur fils, n'a aucun fondement historique. Pas plus d'ailleurs qu'une autre légende qui en attribue l'invention à un vassal, s'appelant U, qui l'aurait imaginé, quant à lui, pour distraire son suzerain sous le règne de Jie Gui au XVIIe siècle av. J.-C.

Certains chercheurs voient dans l'art divinatoire chinois du YI Jing de nombreuses analogies avec le wéiqí qui pourrait en être le vecteur matériel.



Le GO hors de Chine

Estampe Geisha jouant au Go

Le go (baduk en coréen) arrive en Corée vers la fin du Vème siècle et va finalement atteindre le Japon au début du VIIème siècle. L'aristocratie japonaise, très influencée par la Chine, adopte très vite le jeu et se le réserve, interdisant aux moines de le pratiquer (premier code civil japonais en 701 apr. J.-C.).

Le Go s’étend ensuite aux milieux intellectuels, aux bonzes puis aux samouraïs qui s’en servent comme entraînement à la stratégie militaire, qui vont jusqu’à amener des gobans (l’équivalent de l’échiquier pour le Go) sur les terrains de bataille. Des écoles privées s’ouvrirent et jusqu’en 1600 le Go fut une matière obligatoire de l’académie militaire japonaise.

La première école Japonaise de Go est fondée par les moines bouddhistes Nichiren (école bouddhiste japonaise, du nom de son fondateur Nichiren).

En 1603 le shôgun Tokugawa Ieyasu fonde une académie pour la promotion du jeu de Go : la Go-In. Elle disparut en 1868 et fut remplacée par la Nihon Ki-in sous l’ère Meijin. La Nihon Ki-in, qui est toujours en place va achever la modernisation et la démocratisation du Go, notamment grâce à des mécènes.

En Europe, les premières références au jeu apparaissent vers le 16e siècle dans des récits de voyages, comme celui du jésuite Matteo Ricci. Leibnitz publie le premier article européen sur le go en 1710.

Le go moderne se développe dans le monde après la Seconde Guerre Mondiale sous l'impulsion de la fédération japonaise et grâce au renouveau des fédérations coréennes et chinoises.

 


L'arrivée du GO en Europe

C'est seulement vers la fin du XIXème siècle que le go se développe vraiment en Europe, en Allemagne et en Autriche-Hongrie principalement. Le premier club est créé en 1895 par des officiers de la marine austro-hongroise et la première revue naît en 1909.

Le go arrive en France en 1968, où quelques joueurs se retrouvent dans l'arrière-boutique d'un magasin parisien, l'impensé radical, sous l'impulsion d'un joueur coréen récemment arrivé en France, Lim Yoo Jong, encore appelé Maïtre Lim. Le club de go de Paris est officiellement créé en 1969 ; suivi en 1970 par la fondation de l’Association Française de Go, et, par l’organisation du premier championnat de France individuel. Le go continue ensuite son développement en France, amenant l’association à s’organiser pour devenir en 1978, la Fédération Française de Go. Puis, le championnat de France des clubs voit le jour en 2003, avec la première victoire de l’équipe de Toulouse !